Exposition au Musée de la civilisation, Québec 

RIFF. Quand l’Afrique fait vibrer les Amériques

 

 


du 2 Juin 2010 au 13 mars 2011

 

RIFF : n. masc. - En jazz comme en musique pop, courte formule rythmique ou mélodique qui se répète.

Quand un djembé angolais, un cor camerounais, un xylophone gabonais côtoient la trompette de Louis Armstrong, l’orgue de Gerry Boulet ou la guitare de Jimi Hendrix, on comprend vite l’influence des rythmes africains (depuis l’arrivée des premiers esclaves au 17e siècle) sur les musiques populaires de notre époque dans les Amériques...

 

Dans une scénographie remarquable, le musée de la civilisation propose un parcours original qu’est celui de retracer les différentes influences des riff africains, qui à eux seuls auraient permis la naissance de la plupart de nos genres musicaux actuels. Ces derniers se chevauchent si bien que l’évolution est facilement repérable : du blues noir américain, nait le jazz débridé des années 1930 aux US, puis s’ensuit la pop, le hip-hop, le negro spiritual, le rap, le rock lui-même construit sur des riff de blues…Voici donc la gageure principale : exposer les influences afro-américaines sur nos musiques populaires. La musique devient érigée en symbole : signe de rébellion contre le racisme en premier lieu, ou reflet d’une société américaine en lutte  contre le pouvoir politique et les affres de la guerre avec la naissance du reggae, ou encore simple médiation personnelle...Un mélange explosif de sons, de couleurs dans ces quatre pans de mur où rebondissent les rythmes des esclaves africains, comme ceux des pays latinos, qui tous se lovent singulièrement dans le fond sonore des grands de la musique qu’un Louis Armstrong, Miles Davis, ou encore Jimi Hendrix donnent à apprécier.

Le point fort de l’exposition est justement cette capacité à la mise en œuvre non seulement d’un tracé historique pertinent et d’une exposition d’objets inédits en lien avec l’explication que celle d’une écoute exceptionnelle de la musique où une salle de concert est quasi reconstituée et où le spectateur, avide de rythmes et puriste du son, dégustera et sera à même de sentir véritablement par la mise en place de fauteuils vibrants, le son des basses. Un parcours d’une grande pédagogie. Une traversée musicale remarquable.

Albine Dufouleur